|
En botanique nous disposons de flores, de classifications, d’un langage commun permettant d’échanger des informations tout en sachant de quoi l’on parle et de faire des comparaisons (entre pays par exemple). De la même façon, on retrouve en science du sol des classifications et des référentiels qui tentent de donner un cadre commun. Au cours du 20ème siècle, plus de cinquante systèmes de classement de sols ont vu le jour ! Ils diffèrent les uns des autres notamment par le niveau de précision qu’ils intègrent, les découpages internes qu’ils prennent en compte. Rassurez-vous, nous n’allons pas toutes les détailler ici mais présenter celles qui, au niveau national et international, ont été ou sont encore très utilisées.
Les premières classifications de sols, sous l’influence de l’école russe, groupaient les sols selon l’importance du climat et de la végétation dans leur formation. Puis, avec l’amélioration des connaissances en physique et chimie du sol, on a cherché à les caractériser par rapport à un composé chimique qu’ils accumulent (le calcaire ou le fer, par exemple). En France, la première classification qui s’est imposée a été finalisée en 1967 par la Commission de pédologie et de cartographie des sols (CPCS) et a pris le nom de « CPCS ». Elle intègre comme critère de classification des sols le processus de pédogenèse des sols. Dans les années 90, la CPCS est progressivement remplacée en France par le Référentiel Pédologique de l’INRA qui privilégie les propriétés fonctionnelles du sol. Ce référentiel, dont la dernière version date de 1995, définit des références de sols selon leur morphologie, leurs propriétés de comportement et de fonctionnement et selon leurs processus de formation. Il comporte 73 horizons de référence qui ont permit de définir 102 Références de sols. En même temps que la France constituait la CPCS, les Etats-Unis ont créé leur propre classification basée sur des critères observables et mesurables au niveau des horizons. Ils ont ainsi, dès 1960, défini des horizons diagnostics. Devant la complexité du vocabulaire employé et la difficulté de relier les observations de terrain aux horizons diagnostics, il a fallu en faciliter l’utilisation. C’est ainsi que la "Soil taxonomy" est parue en 1975. Cette classification hiérarchisée décrit de façon détaillée la vingtaine d’horizons diagnostics. Une deuxième édition est disponible depuis 1999.
Au niveau mondial la classification de la FAO s’est imposée lors de l’élaboration de la carte mondiale des sols au 1/5 000 000 de 1975. Elle définit 26 unités principales (qui sont ensuite subdivisées) présentées selon un degré croissant d’altération et d’évolution. Cette classification a été remaniée et a donné naissance au référentiel WRB (World Reference Base for Soil Resources) qui a été officiellement adopté par l’union internationale de science des sols en 1998. L’utilisation de ces classifications nécessite un minimum de connaissance en pédologie et ne sont donc pas accessibles à tous les publics. Il reste tout à fait possible de s’en affranchir mais elles ont l’avantage d’harmoniser les informations.
|